Formations et vie professionnelle
Vianney Bellanger, ancien de l'IUT du Mans

Le 17 mai 2025, l’IUT du Mans célébrait les diplômés de ses promotions 2024 lors d’une cérémonie marquée par la fierté, l’émotion et le partage. Un moment fort pour les diplômés, leurs proches et les équipes pédagogiques. À cette occasion, un invité passionnant a pris la parole.
M. Vianney BELLANGER, artisan chocolatier, dirigeant de la maison Bellanger… et ancien étudiant de l’IUT, a partagé avec générosité et sincérité son parcours atypique.
"Je suis né en Mayenne et adopté Sarthois depuis 18 ans. Très vite j’ai redoublé ma seconde et cela a été la meilleure aventure qui me soit arrivée, car au lieu de passer en 1ère L, je suis passé en 1ère S et je me suis passionné pour la chimie organique.
J’ai donc continué dans cette voie et j’ai tenté l’aventure de la prépa qui m’a fait lamentablement échouer. Mais mes échecs je ne les ai jamais vus comme des échecs, car je suis rapidement rentré au Mans pour faire un DUT de Chimie. "

Un retour aux sources salvateur. Après son échec en prépa, son passage à l’IUT de Chimie du Mans restera pour lui la période la plus enrichissante de son parcours
"Cela a été vraiment une formation que j’ai adorée. […] Je l’ai trouvée beaucoup plus concrète, elle alliait l’intelligence du savoir avec l’intelligence de la main par des TP, des expériences, des mises en expérience. J’ai adoré apprendre comme ça.
J’aime bien dire que la chimie c’est de la cuisine qui ne se mange pas et mon métier c’est de la chimie qui se mange. On revoit et on refait tout ce que l’on a appris sur une matière donnée.
Notamment à l’IUT, car j’ai fait l’école d’ingénieur en génie chimique et je n’en retire pas grand-chose à vrai dire. Je n’y ai pas vu une seule molécule. […]"

Fort de son expérience et de son profil d’entrepreneur, il a aussi souligné la richesse et l’importance des enseignements du département GEA
"Après l’école d’ingé et 4 ans de pétrochimie j’ai démissionné pour faire un CAP de Chocolatier. Je me suis aperçu que les artisans qui deviennent entrepreneurs, il leur manque un truc central et c’est ce que vous apprenez dans le département GEA.
Autant c’est plus facile après le BUT GEA de diriger une entreprise, autant c’est compliqué quand on est artisan et que l’on veut s’installer et diriger son entreprise. [...]
Ce diplôme vous permet assez facilement de tenter l’aventure entrepreneuriale qui est faite principalement de gestion, de RH souvent dans la production et la logistique… Et ça, les artisans l’auraient bien pris."

Mais au-delà des idées reçues sur l’artisanat, il a révélé une réalité bien moins évidente et très intéressante pour les diplômés du département MP
"On pourrait penser que les mesures physiques servent uniquement l’industrie, c’est souvent vers ça qu’on oriente aujourd’hui les étudiants. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui l’artisanat grossit […] et dans le haut de gamme on ne peut pas progresser sans mesures physiques, tout simplement.
Dans mon domaine, un petit chocolatier applique le savoir empirique. On ne peut pas comprendre la cristallisation sans comprendre comment fonctionnent les machines. Aujourd’hui dans mon métier on a des besoins et des outils de mesures, de qualité de stabilité des cristaux, de vide d’écoulement... […]
Il faut donc être opportuniste et ne pas hésiter à aller frapper aux portes des entrepreneurs artisanaux. Notamment, dans vos diplômes où vous avez plusieurs spécialités. C’est des entreprises où l’on peut toucher à tout […] ce que l’on a vu durant les études sans être forcément ultra spécialisé dans un domaine."

Et il a fini en parlant de la modernisation de l’artisanat et de son aspect stratégique qui, d’après lui, passera par la productique et la mécanique étudiés au sein du département GMP
"L’artisanat se professionnalise, on a maintenant beaucoup de machines qui nous accompagnent sur des tâches répétitives, qui demandent de la programmation, qui demandent de la maintenance, qui demandent du suivi technique... On est donc en relation permanente avec soit des contrôleurs qualités, soit des ingénieurs de process…
Nous, on s’intéresse plus particulièrement, et c’est lié aux machines d’industrie, au Lean management qui sert de manière assez extraordinaire l’artisanat haut de gamme et la petite industrie.
En ce moment de tensions, de hausse des prix, de perte du pouvoir d’achat, de hausse de la masse salariale… c’est hyper stratégique d’optimiser nos process de production."
"Un excellent moment", partagé avec un ancien de l’IUT passionné, convaincu et engagé auprès de la nouvelle génération. Un témoignage qui résonne comme un encouragement à oser, apprendre, et innover.
